Prise de température après Blackberry 10

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Prise de température après Blackberry 10

Blackberry a récemment communiqué ses derniers chiffres comptables pour le premier trimestre 2013. A leur lecture, il s'avère que les résultats sont plutôt mitigés, ce qui inquiète les investisseurs et professionnels du secteur numérique. Face à cela, les commentaires vont bon train sur la toile et chacun donne sa vision sur l’avenir de la société canadienne. Des interrogations récurrentes émergent :

- Est-ce que Blackberry suscitera suffisamment d’intérêt autour de ses Smartphones pour se hisser de nouveau en haut des classements?
- Qu’en est-il vraiment de la santé de l’entreprise ?
- Quel avenir a-t-elle sur un secteur hautement concurrentiel ?

C’est alors que Addicts à Blackberry 10 entre en action et se propose de faire le point avec vous sur les derniers mois écoulés.

Tout d’abord, commençons par faire un petit flash-back, nom de Zeus ! RIM, société canadienne créée en 1984, est un acteur sur le marché des télécommunications qui va vite engranger les succès début des années 2000 avec une ligne de téléphones dits « intelligents » qui marqueront les esprits. De nouveaux modèles en nouveaux modèles, le socle d’utilisateurs continue de grandir à travers le monde.

Mais la donne va rapidement changer avec l’arrivée sur le marché de l’iphone puis d’Android en 2007. Harcelé par cette nouvelle concurrence qui va savamment réunir dans un seul téléphone tout ce qui avait fait le succès de la marque. La firme à la mûre tentera de résister à cette blitzkrieg avec le Storm, premier modèle à écran tactile de la marque mais qui malheureusement ne gagnera pas le match, car jugé par le public peu novateur face à l’iphone et déstabilisant pour les anciens utilisateurs de Blackberry.

Refusant de voir la menace qui pointe, RIM verra sa situation s’aggraver devenant critique en 2011 où mois après mois, sa part de marché ne fera que s’étioler. L’ambiance au sein de la firme ne sera pas non plus au beau fixe entre crise interne sur les choix stratégiques, plans de licenciement et millions de dollars de pertes accumulés. Comme une coquille de noix dans la tempête, Research In Motion décide alors de réagir (peut-être un peu tard d’ailleurs) et de partir d’une feuille blanche pour réécrire un nouveau système d’exploitation et des appareils répondant aux nouvelles habitudes d’utilisation aujourd’hui bien ancrées.

Attendu comme le messie et surtout au tournant diront certains, Blackberry nous gratifie, comme vous le savez assurément, d’un tout nouvel OS baptisé Blackberry 10 et d’une nouvelle gamme de Smartphones : le Z10 (le tout tactile), le Q10 (mélangeant tactile et clavier mécanique) et le Q5 (idem). Globalement, le Z10 et le Q10 sont très bien accueillis par le public et les professionnels, qui se réjouissent d’ailleurs de voir Apple, Samsung et Android se faire chahuter par l’outsider. La concurrence a toujours du bon pour le consommateur final !

Il ressort que Blackberry, avec cette nouvelle mouture, a réussi à se réinventer sans occulter ce qui a fait son succès, à savoir l’efficacité. Le Hub, BBM, Time shift, le clavier prédictif, Balance, le GPS, le surf, le multimédia, le store qui s’étoffe de jour en jour, j’en passe et des meilleurs. Véritable couteau suisse, il est un véritable concurrent de l’iphone et du Galaxy S. D’autres diront avec un soupçon de mauvaise foi, qu’il en est la pâle copie tant au niveau du design que par le parti pris du tout tactile. Vous savez les goûts et les couleurs…

Bref ! Nous ne nous étalerons pas plus outre mesure car il est clair que ces nouveaux téléphones sont, en plus d’être élégant, capables de faire avec brio tout ce que l’on a besoin au quotidien, et ce avec un tarif inférieure à ses principaux concurrents sans toute une débauche de composants dernier cri. L’important n’est pas un téléphone surgonflé mais un OS performant sachant gérer le hardware.


Quid des résultats ?

Après s’être fait de grosses frayeurs en 2012, Blackberry affiche pour le premier trimestre 2013, un chiffre d’affaires de 3,1 milliards de dollars (2,8 milliards au 1er trimestre 2012 soit une progression d’environ 13%). Ainsi, on observe donc que l’activité du constructeur est en progression grâce au nouveau Z10 et Q10. En termes de vente, l’entreprise tire son épingle du jeu et annonce avoir livré 6,8 millions de Smartphones et 100 000 Playbook. Il ne faut pas oublier non plus les téléphones tournant encore sous Blackberry 7, représentant à eux seuls 60% des appareils vendus. Grosso modo, les ventes sous BB10 représenteraient 2,7 millions.

Dans le même temps, Le géant canadien accuse encore une perte de 84 millions de dollars (pour mémoire, 518 millions en T1 2012). Blackberry redresse petit à petit la barre en partant de très loin car les pertes accumulées les années précédentes ne lui permettent pas de livrer bataille à armes égales. Par curiosité et honnêteté intellectuelle, lorgnons du côté du constructeur coréen et américain. Pour son 1er trimestre 2013, Samsung, le leader mondial a écoulé pas moins de 69,6 millions d’unités. Apple quant à lui approche des 37,4 millions. On est encore très loin des chiffres de ventes de ces deux mastodontes. Il faut néanmoins préciser que le Z10 n'est arrivé sur le marché aux Etats-Unis que fin mars, alors que le Q10 a été mis en vente après la fin du premier trimestre de l'exercice fiscal. Il faut donc laisser le temps au temps…


Et les investisseurs, ils en pensent quoi eux ?

Depuis l’annonce des derniers résultats fin juin, l’action Blackberry (ISIN CA7609751028) est passée sous la barre des dix dollars (nous prendrons comme référence le Nasdaq, place boursière de référence pour l’action BB). Le manque de visibilité et des chiffres décevants font fuir les boursicoteurs. L’exemple le plus probant est cette courbe du cours de l’action entre 2003 et 2013 :


L’on peut observer que le cours de l’action est en progression jusqu’en août 2007, suivi d’un décrochage vertigineux lors de la sortie sur le marché de l’iphone 1ere génération. S’en suivra, une chute lente mais inexorable


Sur une période d’un an (du 07/12 au 07/13), Blackberry, avec sa nouvelle road map, a réussi à regagner la confiance des investisseurs qui voient dans ce revirement une lueur d’espoir. La sortie du Z10 et le carnet de commande se remplissant, le cours de l’action va remonter temporairement jusqu’à ce que la série noire continue.

Pourquoi le cours baisse autant ?

Très logiquement, les actionnaires vendent leurs actions pour acheter d’autres titres plus profitables. Il faut le rappeler, ces derniers « touchent » des dividendes qui vont essentiellement dépendre des résultats de l’entreprise. Plus le dividende par action diminue et moins il voit d’intérêt à la conserver. Cependant, le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres. Je veux dire par là que la spéculation n’est jamais bien loin. Ces mauvaises nouvelles permettent aux traders de se positionner notamment en vendant l’action à découvert. Vendre à découvert c’est vendre une action que l’on ne possède pas encore avec l’idée de la racheter à plus bas prix lorsque la tendance est baissière. Vous voyez l’idée ?

Pour tenter de juguler cette hémorragie, Thorsten Heins déclare que :

"Nous en sommes toujours aux étapes préliminaires du lancement" et que Blackberry est toujours "à la pointe de la nouvelle génération de téléphonie mobile. BB10 est encore dans la première phase de transition. En fait cela ne fait que cinq mois que nous avons lancé cette nouvelle plateforme?". L'idée est de continuer à pénétrer le marché mondial […] en augmentant ses investissement pour soutenir la sortie de nouveaux produits et services

Malgré tout, le CEO anticipe de nouvelles pertes lors du trimestre prochain.

Que faut-il en penser finalement ?

Vous vous dites sûrement voilà un tableau bien sombre. En effet, tout laisse à penser que Blackberry n’a pas encore la tête hors de l’eau et que les prochains mois vont être déterminants. Le fabricant originaire de Toronto ne peut plus se permettre d’échouer. A sa décharge, il faut dire que les nouveaux terminaux BB10 se sont qu’à leur balbutiement et qu’il faut laisser le produit s’installé sur le marché en s’appuyant sur l’image premium que dégage la marque.

Pour prendre le cas du marché français, les trois opérateurs historiques jouent le jeu et propose à la vente le Z10, le Q10 et le Q5 déjà en précommande chez certains. Il y a une vraie demande pour le blackberry qui redevient un objet tendance (l’iphone serait-il devenu ringard tellement en posséder un est devenu banal ?).

Toute l’équipe Addict à Blackberry 10 est convaincue que ces appareils ont de l’avenir tant leur utilisation est novatrice, simple, intuitive et surtout complète. Espérons que le public s’intéresse à ces nouveaux terminaux car nous nous sommes totalement séduits.

ALLEZ BLACKBERRY !!!! On y croit, on se bat Tabernacle !

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